Salomon Osako, un leader consensuel pour refonder l’Assemblée provinciale et réveiller le Sankuru (portrait par Albert-Raphaël Ahindo)

Élu à l’unanimité à la présidence de l’Assemblée provinciale du Sankuru, Salomon Osako incarne plus qu’une victoire politique : il représente un tournant pour une province longtemps ballotée entre espoirs brisés et promesses non tenues. Son élection à Lusambo résonne comme le signe d’un possible renouveau institutionnel dans cette terre du centre de la République démocratique du Congo, riche en talents, mais minée par les divisions et les lenteurs administratives.

Né dans les années 80 sous le ciel du Kasaï-Oriental, devenu Sankuru, il s’est bâti à la force du travail et de la persévérance. Diplômé en sciences de l’éducation à l’Université de Lodja et licencié en pédagogie scolaire à l’Université de Lusambo, il incarne cette élite discrète mais solide, qui préfère les actes aux discours.

De l’enseignement à l’administration publique, en passant par la gestion coopérative, son parcours trace la ligne d’un homme de terrain : professeur, préfet des études, chef de division à la Sernie, promoteur du Collège Moderne, et président du conseil d’administration de la Coopérative d’Épargne et de Crédit du Sankuru. À travers ces fonctions, il s’est forgé une réputation d’intégrité, d’efficacité et de loyauté institutionnelle, des qualités devenues rares dans la sphère politique provinciale.

Réélu député provincial de Lodja, Salomon Osako n’est pas un élu de circonstance. Sa constance traduit une relation de confiance réciproque avec sa base électorale, qui voit en lui un homme de parole et de résultats. Dans un environnement politique souvent mouvant, il a su rester debout, sans renier ni ses convictions ni sa loyauté envers ceux qu’il représente.

À l’Assemblée provinciale, il s’est distingué comme président de la Commission économico-financière, où il a défendu avec rigueur la bonne gouvernance et le contrôle parlementaire, deux piliers souvent négligés dans la gestion publique locale.

Héritier d’un passé institutionnel troublé

L’histoire récente du Sankuru est jalonnée de turbulences politiques. Depuis la décentralisation, trois présidents se sont succédé à la tête de l’Assemblée : Charles Pongo Dimandja, destitué en plein mandat ; Shem Emongo, dont la gestion a laissé un goût d’inachevé ; et Lambert Makondjo, critiqué pour un manque de vision. Ce passé instable a fragilisé la crédibilité de l’institution et alimenté la méfiance de la population.

C’est dans ce contexte tendu que Salomon Osako prend les commandes. Sa mission : réhabiliter la dignité institutionnelle, rétablir la confiance entre l’Assemblée et l’exécutif provincial, et ramener le débat politique à sa vraie vocation : servir la province.

Le Sankuru n’a plus besoin de promesses, mais de vision. Ses priorités sont claires : routes à reconstruire, écoles à redresser, finances publiques à assainir, administration à moderniser. En accédant à la présidence de l’Assemblée, Salomon Osako devient le gardien d’un équilibre fragile, celui entre la responsabilité politique et la confiance populaire.

Son style n’est ni bruyant ni flamboyant. Il avance à pas sûrs, fidèle à sa devise : « Gouverner, c’est écouter avant d’agir. » Cette approche pragmatique et mesurée peut bien être la clé de la stabilité que le Sankuru attend depuis des années.

Les Sankurois, longtemps témoins d’une politique de division, espèrent que sous la présidence de Salomon Osako, l’Assemblée redeviendra un organe de réflexion, de contrôle et de proposition, et non un simple espace de rivalités.

Son défi est immense : réconcilier les ambitions politiques avec les attentes sociales. Mais s’il réussit à garder son cap, celui de l’intégrité et du service public, alors son nom pourrait s’inscrire dans l’histoire comme celui qui aura redonné à la province du Sankuru le souffle qu’elle attendait depuis trop longtemps.

chronik.cd

 

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